HaikuNet - Le haïku, poème mélancolique

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Haïku et senryû, kèsaco ?

Le haïku est un poème...

bucolique

pas zen, mais alors pas zen du tout

amusant

mélancolique

observateur

bienveillant

et insolent...

 

A l'origine plaisanterie, badinage, le haïkaï – devenu haïku – le demeurera. 

Cependant, Bashô élargit son champ et lui fait du même coup acquérir ses lettres de noblesse. A la base de l'esthétique de Bashô, les notions de sabi et de wabi, deux termes intraduisibles en toute autre langue.

Littéralement, sabi signifie " rouille " ou " patine ". Mais au sens poétique, c'est l'œuvre du temps sur l'homme et sur les choses, la " grâce des choses fanées ". Tristesse, mélancolie ou solitude imprègnent le sabi et celui-ci est lié à l'automne. La notion de sabi rejoint mujô, l'impermanence de la vie, la mort.

Wabi peut être traduit par " simplicité élégante ". 

Mais ces notions s'appliquent au moins autant à la substance poétique elle-même qu'aux thèmes. En d'autres termes, le haïku doit " imiter "  non pas tant l'objet, mais ses qualités ; il doit lui-même dégager du sabi et du wabi

Par les vents d’automne
toi mon bâton de vieillesse
brisé net – tristesse

Matsuo Bashô (trad. N. Matsumiya / Ph. Costa)

Vent d'automne
Les fleurs rouges
qu'elle aimait arracher

Kobayashi Issa (trad. M. Coyaud)

Extrêmement rares sont les haïku véritablement empreints de sabi ou de wabi. Cependant, l'introduction de ces notions a donné un ton radicalement différent au genre premier. Triste, mélancolique, amer, tel peut être aussi le haïku :

Oh ! Une luciole qui vole
Je voulais crier " Regarde ! "
Mais j'étais seul

Taïgi (trad. M. Coyaud)

Chute de grésil –
insondable infinie
solitude

Jôsô (trad. R. Munier)

Dans le vent d’automne
sans même une maison à lui
l’homme mûr que je suis

Kobayashi Issa (trad. J. Cholley)

Pendant soixante ans
sans une seule nuit de danse
a été ma vie

Kobayashi Issa (trad. J. Cholley )

Le reste de ta chanson
je l’écouterai dans l’autre monde
coucou

Anonyme condamné à la peine capitale (trad. M. Coyaud )

De la lune aux fleurs
au long de quarante-neuf ans
parcourus pour rien

Kobayashi Issa (trad. J. Cholley)

Encore aujourd’hui
Comme une larve je vis
Et demain encore

Kobayashi Issa (trad. M. Coyaud)

Quant à mes amours
tout au long de chaque nuit
avec ma bouillotte

Kobayashi Issa (trad. J. Cholley)

On note que, la plupart du temps, la métrique 5-7-5 n'est pas respectée. C'est normal puisqu'il s'agit de traductions.

 
 

Bashô par Buson

Matsuo Bashô par Buson

Haïku de Buson

Haïku de Yosa Buson

Bashô

 
 

 

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Mise en ligne : 1er décembre 2006
Dernière révision : mardi 1er janvier 2013
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